Quand j’ai commencé à accompagner des célibataires, il y a maintenant huit ans, j’ai été frappé par un constat : la majorité d’entre eux avaient peur de la solitude au point de ne plus oser sortir. Ils me disaient : « Je ne peux pas aller au cinéma seul, qu’est-ce que les gens vont penser ? » ou « Comment veux-tu que je fasse des rencontres si je n’ai personne pour m’accompagner ? » C’était comme un cercle vicieux. Et puis un jour, une cliente m’a confié quelque chose qui a changé ma façon de voir les choses : « J’ai attendu six mois qu’une amie soit disponible pour aller à ce cours de danse. Six mois à remettre ma vie à plus tard. » Ce jour-là, j’ai compris que la solitude n’était pas le vrai problème — c’était la peur du regard des autres.
📌 Ce que vous allez découvrir
Dans cet article, je partage mon expérience de coach relationnel pour vous aider à transformer la solitude en opportunité. Vous découvrirez pourquoi être seul n’est pas un handicap, comment changer votre état d’esprit, et surtout, des stratégies concrètes que j’ai testées avec mes clients pour créer des connexions authentiques — sans pression, sans artifice.
Temps de lecture : 7 minutes
La solitude n’est pas une tare, c’est un point de départ
Honnêtement, j’ai mis des années à comprendre ça. Être seul n’est pas synonyme d’être défaillant. C’est juste un état temporaire qui peut devenir un tremplin formidable si on change de perspective. Je me rappelle de cette période où j’ai moi-même vécu une rupture difficile. Mes amis étaient tous en couple, occupés, et je me suis retrouvé face à moi-même. Au début, c’était inconfortable. Puis, j’ai réalisé quelque chose de puissant : j’avais enfin l’occasion de découvrir qui j’étais vraiment, sans le regard ou les attentes des autres.
Dans mes coachings, je vois régulièrement des personnes qui attendent le « bon moment » pour sortir, le « bon contexte » pour rencontrer quelqu’un. Mais la vérité, c’est que le bon moment n’existe pas. Ce qui existe, c’est votre capacité à accepter où vous en êtes aujourd’hui et à décider d’avancer malgré tout. Quand on accepte sa solitude sans jugement, on libère une énergie incroyable — celle qui permet de passer à l’action plutôt que de ruminer.
Changer son rapport à soi avant de chercher les autres
Voici une observation que j’ai faite sur une cinquantaine de profils que j’ai analysés : les personnes qui réussissent à créer des liens sont celles qui se sentent à l’aise avec elles-mêmes. Ça peut sembler évident, mais c’est rarement appliqué. Avant de vous demander « comment rencontrer quelqu’un ? », posez-vous cette question : « Est-ce que je serais prêt à passer du temps avec moi-même ? » Si la réponse est non, alors il y a du travail à faire.
Je conseille souvent à mes clients de commencer par sortir seul pour faire quelque chose qu’ils aiment vraiment — pas pour rencontrer, juste pour le plaisir. Un musée, une librairie, une balade en forêt, un café avec un bon livre. Ces moments en solo sont essentiels parce qu’ils vous apprennent à être présent avec vous-même, sans distraction. Et c’est justement cette présence qui devient magnétique quand vous êtes avec les autres. Les gens sentent quand quelqu’un est bien dans sa peau. Cette confiance discrète attire naturellement les connexions.
Oser le premier pas : la vulnérabilité comme force
Il y a quelques mois, j’ai accompagné un client de 34 ans, Pierre, qui me disait : « Je ne sais jamais quoi dire aux gens, j’ai peur d’être jugé. » Je lui ai proposé un exercice simple : lors de sa prochaine sortie, engager une micro-conversation avec une personne — juste un commentaire, une question, rien de plus. Il est allé à un atelier de cuisine et a simplement demandé à sa voisine : « C’est votre première fois ici ? » La conversation a duré trois minutes. Rien de spectaculaire. Mais pour lui, c’était énorme.
Ce que Pierre a découvert, et ce que je répète souvent, c’est que la plupart des gens sont soulagés quand quelqu’un fait le premier pas. Nous avons tous peur du rejet, de paraître intrusifs. Mais quand vous osez briser la glace avec bienveillance, vous créez un espace de rencontre que l’autre attendait peut-être aussi. La vulnérabilité — oser montrer qu’on est là, disponible, humain — est une force relationnelle sous-estimée. Ça ne veut pas dire tout déballer dès la première conversation, mais simplement être authentique : « Je viens pour la première fois, je ne connais personne, et vous ? »
Les lieux qui facilitent naturellement les connexions
Tous les endroits ne se valent pas pour faire des rencontres. Les meilleurs contextes sont ceux où il y a une activité commune, un intérêt partagé. Dans mes observations, les lieux les plus propices sont les suivants :
- Les cours et ateliers réguliers : yoga, cuisine, danse, photographie. Vous voyez les mêmes personnes chaque semaine, ce qui permet de construire des liens progressivement.
- Les groupes de bénévolat : s’engager pour une cause qui vous touche crée instantanément un terrain commun avec les autres.
- Les événements communautaires : marchés locaux, projections, conférences, soirées jeux de société.
- Les espaces de co-working ou cafés habitués : devenir un « régulier » permet d’établir des micro-connexions qui peuvent évoluer.
- Les applications de rencontres amicales : contrairement aux applications de dating, celles-ci sont conçues pour les liens platoniques et éliminent la pression sociale.
Ce qui compte, c’est de choisir des lieux alignés avec vos vraies passions, pas ceux où vous pensez « devoir » aller. Si vous détestez les bars bruyants, n’y allez pas sous prétexte que « c’est là qu’on rencontre des gens ». Vous serez mal à l’aise, et ça se verra. Privilégiez les environnements où vous vous sentez naturellement à l’aise — c’est là que votre authenticité pourra s’exprimer.
La régularité : le secret invisible des vraies rencontres
Voici un truc que personne ne dit assez : faire des rencontres, c’est une question de répétition. On ne crée pas de liens profonds en une soirée. Les amitiés, les relations, elles se construisent dans la durée, à travers des expériences partagées. C’est pour ça que je conseille toujours de s’engager dans une activité régulière plutôt que de multiplier les sorties ponctuelles.
Quand vous voyez les mêmes visages semaine après semaine, la confiance s’installe naturellement. Les conversations deviennent plus profondes. Vous passez du « Bonjour, comment ça va ? » à « Tiens, comment s’est passé ton entretien dont tu m’avais parlé ? » C’est dans ces petits moments de continuité que naissent les vraies connexions. Je me souviens d’un client qui s’était inscrit à un club de course à pied. Au début, il ne parlait à personne. Au bout de trois semaines, il prenait un café après l’entraînement avec deux autres coureurs. Six mois plus tard, ils étaient devenus ses meilleurs amis.
L’art de la conversation sans pression
Beaucoup de mes clients me demandent : « Mais concrètement, qu’est-ce que je dis ? » C’est une question légitime. La clé, c’est de poser des questions ouvertes et de s’intéresser sincèrement à l’autre. Pas de technique manipulatoire, juste de la curiosité authentique. Voici ce qui fonctionne dans 90 % des cas :
- « Qu’est-ce qui t’a donné envie de venir ici ? »
- « Tu pratiques depuis longtemps ? »
- « Qu’est-ce que tu aimes dans [cette activité] ? »
- « C’est ta première fois ? Moi aussi, je découvre. »
L’objectif n’est pas de briller ou d’impressionner, mais de créer un moment d’échange agréable. Si la personne reste fermée, ce n’est pas grave — passez à autre chose sans vous juger. Toutes les rencontres ne mènent pas à une amitié ou à une relation, et c’est parfaitement normal. Ce qui compte, c’est de rester ouvert et bienveillant avec soi-même.
Une technique que j’utilise souvent, et que je partage avec mes clients, c’est de se dire intérieurement : « Je suis là pour faire sourire les gens » plutôt que « Je suis là pour rencontrer quelqu’un ». Ce simple changement d’intention enlève toute la pression. Vous n’êtes plus dans l’attente, vous êtes dans le don. Et paradoxalement, c’est souvent quand on arrête de chercher qu’on trouve.
Accepter le temps et les essais-erreurs
Il y a trois ans, j’ai fait une sortie en groupe organisé pour la première fois. Je m’y suis rendu avec une certaine appréhension, j’ai discuté avec quelques personnes, et je suis rentré chez moi sans avoir trouvé « mon âme sœur amicale ». J’étais un peu déçu. Puis, je me suis rappelé ce que je répète à mes clients : chaque sortie est un entraînement, pas un examen. On ne réussit pas à chaque fois, et ce n’est pas le but.
Le processus de rencontre est fait d’essais et d’erreurs. Certaines conversations ne mèneront nulle part. Certaines personnes ne seront pas sur la même longueur d’onde. Et c’est OK. Ce qui compte, c’est de continuer à sortir, à s’exposer, à être présent. Chaque interaction, même brève, renforce votre muscle social et votre confiance. Avec le temps, vous devenez plus à l’aise, plus naturel, et les rencontres se font plus facilement.
Et si c’était le début de quelque chose de beau ?
La solitude peut être une épreuve, mais elle peut aussi devenir un point de bascule vers une vie sociale plus riche et plus authentique. J’ai vu des personnes qui, en osant sortir seules, ont construit des cercles d’amis formidables, rencontré des partenaires de vie, et surtout, ont développé une relation saine avec elles-mêmes. Ce n’est pas magique, ça demande du courage et de la patience. Mais ça en vaut la peine.
Au final, faire des rencontres quand on est seul, c’est avant tout une question d’état d’esprit. C’est choisir de voir la solitude non pas comme une fatalité, mais comme une invitation à aller vers soi et vers les autres. C’est accepter d’être vulnérable, d’essayer, de se tromper, et de recommencer. Et c’est se rappeler que chaque personne que vous croisez traverse probablement les mêmes doutes, les mêmes peurs que vous. Alors, la prochaine fois que vous hésitez à sortir parce que vous êtes seul, dites-vous simplement : « Et si c’était justement le meilleur moment ? »
